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Samedi 9 août 2008


Substitute est d’abord intrigant, ensuite passionnant par le discours qu’il produit, sur le football, le cinéma et sur l’assemblage des deux. Il y a un homme, joueur de football professionnel, Vikash Dhorasoo, puis il y a cette caméra super 8 que le vidéaste Fred Poulet lui met entre les mains. L’intro est belle : les deux hommes sont assis à chaque côté d’une table et Fred Poulet explique le procédé à Vikash Drorasoo, ils se filment mutuellement, le film prend naissance alors même qu’il est énoncé en tant que projet. Dhorasoo est un substitute, le film semble en être un également. Le film en super 8 fait avec des moyens réduits à l’extrême contre celui qui aurait pu être fait de manière plus « officielle » (voir le film sur Zidane). – « aurait pu », Vikash aurait pu… Débute alors la « chronique d’un ennui » comme l'écrit J-P Tessé dans sa critique des Cahiers. Juste. Après les chroniques des morts-vivants le mois dernier, nous voilà avec la chronique d’un ennui, qui enterre et permet de refaire surface tout autant, on est pas loin du Romero finalement. « Je suis acteur, pas spectateur », Vikash ne joue pas au football, il assiste à la coupe du monde : un quart d’heure de jeu dans toute la compétition. S’interrogeant : pourquoi rester ? Se convaincre que c’est une chance d’être en Allemagne parmi les 23 et penser à l’avenir proche, à comment il percevra ces événements dans quelques années… Mais aujourd’hui Vikash n’a que la caméra pour se satisfaire, la production d’image est devenu le moyen de justifier sa présence, il est le témoin de quelque chose. Prix de consolation. Les images sont terribles tant elles traduisent l’absence. L’absence de communication de la part de Vikash Dhorasoo qui se déclare ne pas avoir envie de parler, à personne, même pas à lui-même. L’absence ensuite de soutien envers la solitude, ou rien d’autre ne pourrait la combler que cette légère caméra. Et l’absence surtout de temps de jeu, ce pour quoi cet homme est venu : participant à tous les matchs de qualification, il occupe le banc dorénavant. Loin de faire le procès d’un sélectionneur, le film n’est pas fait « contre » mais « pour » et « avec » quelqu’un. L'effacement du joueur de foot était en marche, et les seules traces restantes de son statut qu'il semble avoir quitté malgré lui, trop tôt, sont ces saluts timides et brefs lancés à la foule (en fin de match ou de retour à Paris face aux supporters venus en masse).

 

 

Sinon j’ai fait une découverte formidable : La Maman et la putain est disponible intégralement sur Youtube en 24 parties. Bon, autant vous dire que c’est pas idéal pour regarder un film (surtout celui-ci) mais sa rareté est telle qu’on ne peut pas se permettre de faire la fine bouche.

Par Arnaud
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Mardi 5 août 2008
Voilà une belle pause d'un mois. Il est grand temps de reprendre une activité cinématographique que j'avais un peu mis de côté durant ces quelques semaines de farniente. Toutefois les rares films que j'ai vu n'en sont pas des moindres : Tout va bien (JLG), La Drôlesse (Jacques Doillon), Lola Montès (Max Ophüls), Souvenirs (Im Kwon-Taek)... Je me suis d'ailleurs empressé d'acheter Toda va bien, édition espagnole du film de Godard pour la somme de 9 euros sur internet. Voici quelques captures d'écrans. C'est ce qu'il manque dans le cinéma aujourd'hui : un regard.
Je serais plus productif dorénavant. En effet le mois d'août sera consacré exclusivement au cinéma (avec des visites récurrentes à Beaubourg également). A très bientôt.


"De nouvelles formes pour de nouveaux contenus"












Par Arnaud
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Vendredi 11 juillet 2008

La cadence festivalière nous aura ! Un jour de retard, ce sont donc deux journées qui seront à narrer ici même. Sortant du cadre du festival à deux reprises, je m’autorise à ne pas vous parler (pas encore) de La Chronique des morts, Romero et Le Voyage aux Pyréennes, frères Larrieu. Restent alors ces trois films de Brillante Mendoza : The Teacher, Summer Heat et Serbis. Un documentaire pour deux fictions (quoique…), il semblerait qu’on soit finalement plongé dans la colonne vertébrale de la croisette 2008 : Documentaires – Fictions (documentaires/fictions, documentaires et fictions, documentaires et/ou fictions… à voir).

Summer Heat, des quatre Mendoza vus dans ce festival, est celui qui dérange le plus dans son esthétique feuilleton télévisé (voir Notre Cinéma en lien à gauche pour avis contraire). Brillante Mendoza aborde toujours son pays, les Philippine, par l’intermédiaire d’une famille. Là où Summer Heat est déjà bien moins ambitieux, c’est que la famille n’entretient pas de réels ponts avec le monde autour d’elle, la cellule est refermée sur elle-même et s’autodétruit.

Dans The teacher, le documentaire pleinement assumé, la famille se réduit principalement à une fille et son père. C’est lors d’un trajet en pleine nature que la caméra y trouvera la sincérité la plus franche, filmant au plus près de leur corps, les suivant, parcourant les chemins longuement, où un plan subitement fait acte d’une ligne dessinée entre la montagne et le ciel, ascendance qui semble attester de leur volonté, de leur rare bonté à vouloir enseigner. La jeune fille enseigne l’écriture lors des périodes électorales, les trois seuls noms des candidats qu’elle inscrit à la craie blanche sur un tableau devant un groupe d’illettrés. « Le combat contre l’ignorance continue », une des phrases qui précède le film. Et c’est au générique que cette phrase nous revient à l’esprit, renforçant les nécessités de diffusion d’un tel documentaire en France et ailleurs. Ces documentaires sont une trace vitale, les témoins d’un ailleurs où la fracture qui s’est creusée nous a bien souvent aveuglé, le bain de l’ignorance est tellement plus doux que celui de la connaissance… Quel contstat. Bien sûr qu’on se doute que les élections ne se déroulent pas de la même manière aux Philippines qu’en France, mais l’intimité percée de la signature faite d’une main tremblante jusqu’à la sortie du bureau de vote, fait naître une émotion dans l’accomplissement du geste citoyen, alors qu’il s’agit d’un acte de raison pure - formidable.


Parlons du film le plus réussi des trois, un des meilleurs du festival soit dit en passant : Serbis. C’est lorsque Mendoza prend le temps de filmer ces corps (et paradoxalement durant un tournage très serré, 12 jours) et de les inscrire dans une durée conséquente que son cinéma est le plus fort. Serbis signifie service en français, les services qui ont lieu dans un cinéma porno à trois étages tenu par une famille qui s’étend sur trois générations. La grand-mère est en procès avec son mari pour cause de bigamie, voilà qui semble s’imposer comme seule intrigue du film, et finalement bien vite avortée. L’intérêt se situe dans l’image même, et dans ce travail au son particulier : les corps sont dans ce même espace qu’est ce cinéma porno, mais encerclés par une ambiance sonore qui diffère : la rue et son brouhaha permanent, les papotages des adolescents, les gémissements érotiques de la salle de cinéma, les silences pesants  au détour d’un couloir… Un a un furoncle énorme sur la fesse, il peut difficilement coucher avec sa copine, certaines positions le gêne, il peine à marcher et à monter les escaliers – l’abcès est à crever dans cette famille qui semble se désunir sous nos yeux malgré des tentatives désespérées d’apaisement. On rechercher à percer pour mieux voir, un nouvel élan et surtout une remise à niveau, à plat : l’effacement est double, on essuie avec vigueur des graffitis sur un mur, plus tard on repeindra le mur entier de peinture blanche. Partiellement ou totalement, on souhaiterait pouvoir s’avouer qu’on s’aime, et conscient de l’environnement dans lequel cette famille évolue, il est pourtant cet obstacle massif et incontournable à l’entente. J’ai tendance à penser que les bidonvilles de manille ont pris la forme d’un cinéma ici, pour y insérer cette dimension sexuelle notamment – un environnement qui influe sur l’individu, tel semble être le leitmotiv de Mendoza (excepté pour Summer Heat, et forcément, le moins réussi – les individus s’influencent les uns les autres). Les bidonvilles de Slingshot forcent ce mode de vie, cette loi de la nature, du plus fort, et ces irruptions soudaines de violence – The teacher montre bien comment une personne peut, à travers cette quête de la connaissance, du pouvoir par l’esprit, tenter de modifier un système établit, avec ses forces dans son aspect le plus tragique, cette solitude (les larmes finales). Serbis est de ces films qui vous laissent des marques, ces images lancinantes de corps qui montent les escaliers, fatigués, éclopés, avec vigueur, charme, ou la jeunesse la plus tendre côtoie les visages marqués par le temps. Le film se terminera dans les cendres, embrasement de la pellicule, les voix se perdent, les corps disparaissent, tout était là et c’est déjà fini. « En littérature, il y a beaucoup de passé et un peu de futur, mais il n'y a pas de présent. Au cinéma, il n'y a que du présent qui ne fait que passer » JLG

Fin du festival ?

Demain, un Kaurimäki peut-être, le Raya Martin certainement. Il faudra revenir sur le récent palmarès. Et puis revenir sur cet entretien merveilleux de Louis Garrel dans les Cahiers, sur le Romero pourquoi pas. Le cinéma en été, j'adore ça !

 


Par Arnaud
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Mercredi 9 juillet 2008

Mardi 08 juillet, drôle de journée (comme d’habitude après tout). Programme 4 des courts-métrages, éclectique et remarquable pour son inégalité. Le premier fut le meilleur : Rolyo, d’Alvin B. Yapan. La pellicule entoure les champs – que devient le film ? La périphérie du cinéma autour des vies, la fiction ceinture la réalité. Rolyo confronte la ville et la campagne, (confronter n’est pas opposer) les paysans qui chassent les oiseaux pour les vendre face aux enseignes flashy des McDo. Poésie et lyrisme des images d’une candeur – les enfants - qui recèle une réflexion sur le cinéma, son rôle et sa survie au sein de la réalité. J’évoquais aujourd’hui à une terrasse, De la guerre, où le personnage principal retourne au réel après un voyage dans la fiction : mieux toucher le réel, l'approcher autrement – que retirer de la fiction ? Rolyo pose ces questions certainement, le recyclage de la pellicule à la perte de l’imaginaire. On est perdu dans ce pays où les deux pôles de la société s’éloignent, vecteur inévitable du monde aujourd’hui. Surface, film portugais, est un voyage en compagnie d’un homme perdu au beau milieu de l’océan. Départ d’un lieu connu et arrivée à un lieu inconnu – traversée des surfaces, sable, eau, bois… le résultat est tiède. Les Couillus film français, met en scène un groupe d’hommes participant à un stage pour le moins surprenant. Pas forcément réussi dans sa drôlerie, les éclats sont fulgurances, à ces moments où la vérité surgit à l’écran – restent en tête ces quelques images des visages de ces bourreaux contemporains. The Shooter est anecdotique. Tide of love est sûrement le pire film de toutes les sélections de courts-métrages ; histoire pompeuse qui compare l’amour à ces allers-retours interminables des vagues… Le programme 5 est constitué d’un seul court-métrage de 55 minutes. L’absence quasi-totale de questions en fin de projection témoignait, j’ose espérer, de la qualité médiocre de ce film. Le réalisateur expliquait qu’il voulait absolument tourner en pellicule (on ne saura même pas pourquoi) et que c’était un film fauché. Relation cause à effet : une seule prise pour chaque plan. On comprend alors pourquoi ces acteurs jouent comme des pieds, chaque réplique est d’une fausseté déconcertante. La loufoquerie de l’exercice (ours slovènes qui citent Nietzsche, soucoupe volante en plein jardin…) est vain, rien ne sert de courir il faut partir à point.

Et puis, la découverte du jour, ce jeune réalisateur philippin dont on ne cesse de parler depuis le sulfureux Serbis projeté à Cannes en sélection officielle (et projeté demain en avant-première) présentait Slingshot. Après L’Eveil de Maximo Oliveiros et Tribu qui nous envoyaient droit au cœur de Manille et ses quartiers chauds, c’est au tour de Slingshot. Le plus réussi, le plus brillant et certainement le plus violent, nous voilà face à un film coup de poing comme on dit (j’alimente les formules galvaudées, la cadence du festival pèse sur mes écrits – ça va comme excuse ?). Le film ne se laisse pas prêter au jeu de la déconstruction, du séquençage qui permettrait d’y déceler la structure des ensembles, l’heure et demi est une unité parfaite. La vivacité de la caméra est éprouvante et renforce l’aspect documentaire omniprésent (Cannes 08 plane), le cadre est bouillant, irréductible à l’immobilité. L’intensité atteint son paroxysme lors d’une scène terrifiante de torture, crue et froide, les cris de douleur semblent être ceux d’une ville en proie aux magouilles, à la violence, à l’abandon total. Les bébés hurlent, la cocaïne tourne, un cercueil en pleine rue côtoie les vols à l’arraché, la mort et les coups ont pris leur sens plein (coup de force, coup mortel, coup(ure), tout à coup). Slingshot semble être à l’image du cinéma philippin contemporain (que je découvre donc), films tournés rapidement, témoins et traces de cauchemars urbains. Très fort !

La dernière expérience de la journée : Gagamboy, d’Erik Matti. Parodie du film Spiderman, ce film est un pur nanar bien assumé. Un cliché à chaque plan, à chaque expression et à chaque mouvement, à chaque mot, ce film est phénoménal. Un fou rire nerveux avec la personne qui m’accompagnait durant le premier quart d’heure témoigne assez bien de l’état d’esprit dans lequel j’étais – à cause du film bien sûr. Je revendique le droit d’aimer les bons gros navets, je n’avais jamais autant ris depuis le début du festival - Gagamboy ou Gameboy, un plaisir d’enfant fabuleux.


 

Le retour au réel - De la guerre (Bertrand Bronello)

Par Arnaud
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Mardi 8 juillet 2008
Milky Way (Benedek Fliegauf), hongrois, sonore et composé d’environ quinze plans, ce film a tout pour rebuter les spectateurs – pas trop de sièges qui claquent étonnamment. Le film est une succession de plans fixes et sans aucun lien apparent entre eux. Deux remarques à ce stade : le film exclue le montage et le mouvement de caméra. Les plans se suffisent à eux-mêmes, il n’y a aucun montage, ni narratif, ni poétique, ni rien. Difficile de déceler une histoire, plutôt une ambiance, une atmosphère, où le bruit l’emporte sur la parole. La fixité totale de la caméra renforce cette idée selon laquelle Milky Way se situe d’avantage vers l’art plastique que le cinéma, la conception du film semble être picturale, pas cinématographique, et c’est ce qui dérange. Ce sont des tableaux vivants qui se jouent de notre regard, nos yeux circulant d’un endroit à l’autre du cadre au fil des micro-événements. Une tente s’envole, on nage doucement dans une piscine, on y baise, un pneumatique se gonfle et prend forme, une vieille meurt au pied d’une balançoire, une barque se laisse porter par le courant, un nid prend feu… Milky Way est déroutant. La force du film tient dans ses mouvements, ses lignes de force qui parcourent le cadre, ses mouvements inespérés qui traversent l’image, cette attente qui naît. On pourrait essayer de disserter sur chaque action, d’interpréter le rôle des objets, mais l’intérêt ne semble pas se situer à ce niveau là. Milky Way viserait à apaiser les esprits tourmentés, sorte de petite cellule privilégiée où le calme et la lenteur seraient la grandeur d’un monde agité, trouble et troublé. Et malgré tout, l’ennui est le seul maître à bord. Le cinéma, art de l’espace, écrivait Rohmer – on sera surpris de voir l’utilisation faible de cet espace, quasiment aucune profondeur de champ, juste des droite–gauche répétitifs. Le champ et le hors champ n’entretiennent aucune tension, ce qui est hors du cadre l’est quasiment à chaque coup définitivement. Le dernier plan, le plus réussi, met en scène deux adolescents (semblerait-il) dont on ne distingue que leur silhouette. Ils s’échauffent, s’étirent. Pour quelles raisons ? Les deux corps sombres se mettent à danser,  et sortent finalement du cadre ; reste uniquement ce fond sublime, une ville lumineuse dans la nuit, floue, masse informe vitale et muette.

A 22h était projeté un film philippin présenté par le réalisateur : Three Days of Darkness, de Khavn De La Cruz. J’ai du abandonner au bout de 50 minutes, c’était insoutenable. Une sorte de film d’horreur érotique à l’image saccadée, qui à défaut d’être mal éclairé ne l’est pas du tout, autant dire que le spectacle était éprouvant. Je me suis demandé si un jour les écrans pouvaient alors parler, ce qu'ils pourraient bien raconter. Ce soir, l’écran du MK2 Bibliothèque salle 11 dirait sûrement ô combien il a souffert. J’ai quitté la salle après une scène saphique découpée à l’excès, illisible, sans émotion, vide, sale, seulement bonne à combler un manque affligeant de scénario. Avant le film, on présenta le réalisateur comme prolifique, à raison de 5 films par an. On comprend mieux le désastre.

Devant le MK2 Bibliothèque sont exposées des photographies de personnalités du septième art. Je me suis offert une séance photo – photographie de photographies. Notez les reflets qui offrent une vision incroyable de ces réalisateurs, acteurs… perdus dans un 13ème arrondissement bleuté, gris, froid, rectiligne, nuageux.

Ex-position *





 


 

 


 

 




 


 

 



 

 




Par Arnaud
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Lundi 7 juillet 2008
Hier soir la fatigue a remporté le combat, je rédige donc le compte rendu de la veille. Hier donc. Un débat autour de la critique de cinéma face à internet, aux blogs notamment, avait lieu dans la salle Franju de la cinémathèque. Les échanges étaient vivifiants, assez riches et prenaient des orientations multiples. La question la plus approfondie était certainement celle des « nouvelles formes ». D’abord cette nouvelle forme de critique. Les blogs se multiplient et la critique de cinéma est à la recherche d’une pagination différente, de mise en forme sophistiquée, d’un système de lecture qui varie du papier etc. J’ai découvert Kraus grâce aux Amitiés maléfiques. «Pourquoi certains écrivent-ils ? Parce qu’il n’ont pas assez de caractères pour ne pas écrire». Je parlais du pourquoi hier, on est en plein dedans aujourd’hui. Pourquoi écrire sur le cinéma ? Je pense que les causes ont toujours été les mêmes, mais les formes changent. Ecrire sur le cinéma provient d’un désir, d’une envie très forte et intuitive qui s’accomplit par les mots (et l’audio-visuel aujourd’hui avec internet). Il s'agit de rendre compte du cinéma et du rapport qu'on entretient avec lui par un genre littéraire, et donc indéniablement nourrit d'un goût pour l'écriture. Un blog est un espace soumis à un double élan contradictoire, d’un côté les variations libérales des flux, et de l’autre un égalitarisme d’accès. Il y a aussi cette nouvelle forme des Cahiers – qui devrait un jour ou l’autre commencer à se faire sentir réellement (peut-être sous l’ère prochaine du nouvel acquéreur). Je regrette d’ailleurs l’absence de E. Burdeau pour la table ronde. Le débat s’orientait parfois vers cette interminable bataille entre Les Cahiers et Positif dont deux rédacteurs de cette dernière n’ont pas omis de qualifier Positif comme la meilleure revue de cinéma… Heureusement l’intrusion d’internet dans le débat rendait cette dichotomie plus intéressante. Je persiste à croire que Les Cahiers sont la seule revue de cinéma de qualité qui essaye tant bien que mal de s’adapter aux nouvelles formes et à se moderniser (sans renier le lourd héritage bien sûr) tandis que Positif continue de se complaire dans un archaïsme froid et académique. Positif est la meilleure revue de cinéma informative, trop peu souvent critique.

La deuxième partie de la journée : deux films vus. Le meilleur du festival ainsi que le pire (jusqu’à présent). Pour le meilleur, il s’agit de Body Rice, un petit bijou. Sorti en janvier, c’était la séance de rattrapage, en présence du jeune réalisateur. En écrivant ces lignes, le besoin de revivre cette expérience de 2 heures se fait sentir, je regarde donc la bande-annonce. Assez mensongère d’ailleurs, la musique techno parcourt la bande-annonce dans son entier, tandis que la musique occupe une place mineure dans le film (en durée, pas en degré). J’ai vu en ce film la représentation la plus terrifiante de la déchéance humaine. En présentation à la cinémathèque, on n’hésitait pas au micro de parler du mal du siècle, et Tessé dans sa critique de parler d’une « pure image mentale des années 1980 ». J’ai encore du mal avec ces notions temporelles. Body Rice met en scène des corps d’adolescent avant de mettre en scène des adolescents. Les corps sont avachis, muets, silencieux, immobiles et lourds. Ils sont là, fument des cigarettes, le regard vide, zombifiés à l’excès. Un mal du siècle ? Le mal de l’humanité plus radicalement. L’humain ne sait plus où aller, il est arrivé au et à bout, s’en prend alors aux animaux (scène remarquable entre une fillette et un chien, plan-séquence où des enfants se jouent d’une tortue…), y projette son propre abandon. Il y a dans Body Rice une lourdeur assumée et qui terrasse le spectateur. J’étais fatigué de sortir de la salle. Les plans-séquences sont incroyables, ils sont le témoin direct du temps qui passe, qui glisse sur les peaux. Il faut voir ces jeunes danser la techno dans une sorte de désert au bord de l’eau, où la rocaille s’imprègne sur les corps, le durcissement des esprits est en marche. Une adolescente enceinte, une effraction dans une épicerie, les convulsions d’un homme au volant… autant d’événements qui perdent leur humanité, leur incarnation, tout y est mort. Il faut voir aussi cette fille blonde (photo d’en dessous) qui est une pure merveille. Il faut voir Body Rice pour comprendre que le cinéma contemporain est d’une richesse folle.
Le pire film : Tribu. Le temps presse, je ne pourrais pas m’étaler. Film philippin (le seul de la compétition) qui bat tous les records en qualité d’image – on aura rarement vu un truc aussi moche. Une mise en scène qui flirte entre le ridicule et l’amateurisme, un scénario qui hésite à courir vers le documentaire et s’accroche désespérément à un essai de fiction, un film entre deux qui ne donne rien, malgré un réalisateur disert et qui n’est absolument pas à l’image de son film.
A tout à l’heure, cette fois.






Déchéance
Par Arnaud
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Dimanche 6 juillet 2008
Quelle journée ! Quelle journée... Il y avait d'abord ce campus en présence de Nathalie Baye, invitée d'honneur du festival. La discussion était animée par Jean-Pierre Lavoignat et ses questions consensuelles, on se serait cru à la télévision. Nathalie Baye est revenue sur sa carrière, ses choix, ses expériences. Les anecdotes qu'elle racontait à propos de Jean-Luc Godard étaient terriblement drôles. Elle expliquait qu'elle n'avait jamais su dire si le regard de Johnny Hallyday écoutant Godard (Détective) disait "c'est qui ce dingue ?" ou "écoutons c'est intéressant". On imagine la scène.
En sortant de la BNF à la fin de cette conférence, je me suis aperçu que La Frontière de l'aube commençait dans 15 minutes. Le drame est arrivé, plus aucune place de libre lorsque je suis arrivé aux caisses. Je me réjouissais hier à l'idée de voir enfin ce film qui avait tant divisé au festival de Cannes. Désillusion. J'ai donc été voir In Love we trust (ou Une famille chinoise) en présence du réalisateur et de la productrice, Un film correct qui a suscité l'amour de la salle au vue des interventions - je resterais plus en retrait. Une fillette est atteinte d'un cancer et seule une greffe de moelle osseuse peut la sauver. Les parents sont divorcés et chacun est en couple, ni l'un ni l'autre n'est compatible. pour la greffe. Les chimios ne sont absolument pas concluantes, il lui aurait bien fallu un frère ou une soeur pour lui sauver la mise, du coup. Seulement on est en Chine et la politique démographique de l'enfant unique ne permet pas vraiment ce genre de situations. On pense à Un Conte de Noël où les tests de compatibilité se succèdent - ici, non. Au contraire, il faut engendrer pour pouvoir sauver une vie. Je ne vous parlerais pas de la suite du scénario cas où vous voudriez voir le film, l'histoire étant assez rocambolesque, étrangement.
Pour couronner le tout, un problème technique a retardé la projection du film et je suis donc sorti en retard pour l'avant-première du Dernier maquis. Journée idéalement ratée, où la déception règne, encore jusqu'au moment où j'écris ces lignes. Je conclurais sur les mots devenus fameux de Truffaut selon lesquels le cinéma serait plus important que la vie. Je commence à y croire, petit à petit, cette idée me perturbe. Au cinéma les morts se relèvent.
Il faudrait aussi que j'écrive un billet sur le "pourquoi", ce mot virulent. C'est lorsqu'on exprime un ressenti, que notre interlocuteur lance un petit "pourquoi" pourfendeur qui marque un temps d'arrêt dans notre discours, qui nous oblige à revenir en arrière, à réfléchir sur les causes dudit ressenti. Le "pourquoi du comment"... Pourquoi ? C'est Lavoignat qui en usait avec excès face à N. Baye et un ami qui m'en a fait encore plus prendre conscience en l'employant innocemment. "Pourquoi" est terrible.
A demain. Demain ça sera mieux.




Rendez-vous en Octobre
La virulence du
pourquoi
Par Arnaud
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Samedi 5 juillet 2008

Vendredi 4 juillet, un jour de festival placé sous le signe des tables rondes plutôt que sous les projections à répétitions. Déjà 3 jours que Paris Cinéma a commencé et mon esprit est fortement empreint d’images. D’abord ce MK2 Bibliothèque, somptueux, le seul multiplexe de Paris qui procure une attirance réelle, un désir de cinéma qui se crée lorsqu’on aborde le parvis de la BNF et ces nouveaux quartiers rectilignes en bords de Seine, magique. La première image est donc de gargantuesque complexe cinéphilique. Ce soir j’ai également en tête l’image remarquable qui s’est offerte à tous ceux qui ont assistés à la table ronde à propos des langues parlées dans le cinéma, et spécifiquement de la langue française. Quel ravissement en effet de voir côte à côte Catherine Breillat, Jacques Doillon, Pascal Bonitzer, Claire Vassé et Michel Chion. Quel plaisir aussi de pouvoir approcher Breillat et de l'entendre vous adresser un ou deux mots en passant, plaisir cinéphile. Passons les agacements incessants dont à fait preuve Michel Chion durant la discussion ; alors que je conseillais vivement la lecture de ses ouvrages quelques articles plus bas, voilà que j’ai pu voir le bonhomme en chair et en os. Autant le dire franchement, il avait l’air de s’emmerder royalement et s’auto excluait de la conversation en pinaillant à l’excès à chaque prise de parole et non content de pouvoir dialoguer avec ces cinéastes. Certes le débat était parfois pédant mais fort intéressant à suivre. La table ronde n’a pas une valeur quelconque de « cours de cinéma » et ne prétend pas à enseigner, toute pédagogie est exclue ;  exposition des sensibilités de chaque cinéaste, de leur avis sur la question de la langue française au cinéma - ce qui sous-entend les multiples questions de la préciosité de la langue, de la langue « atone » et intellectuelle (, du snobisme de la langue française (dont parlait fort justement Breillat), des accents, des patois… Le débat s’élargissait jusqu’à l’écriture du scénario et à la façon de procéder de chacun d’entre eux – une manière de cerner un peu plus leur travail, et d’en apprendre sur leur vision quant à l’usage des dialogues dans leurs films. La discussion fut précédée d’un court extrait de casting de Jean-Pierre Léaud à l’époque des 400 coups, ces séquences fameuses qu’il est toujours bon de revoir de temps en temps. Cette gouaille comme il le dit lui-même dont fait preuve le jeune Léaud aura lancé la journée de la meilleure des manières.


Seconde table ronde toujours dans cette salle Henri Langlois, cette fois sur l’adaptation, intitulé efficacement comme ceci : « l’adaptation, une trahison ? ». La discussion semblait s’orienter sur les chiffres uniquement pendant un long moment, avant de se lancer enfin dans des questions de créativité et de cette fameuse « trahison ». Est-ce une trahison de ne pas rester fidèle à un roman lors d’une adaptation au cinéma ? Quels sont les enjeux de l’adaptation ? Voilà le fondement du débat. La bonne surprise fut celle de Christophe Honoré, malheureusement absent mais qui a offert un extrait de son prochain film qui sort à la rentrée prochaine, La Belle Personne, qui est justement l’adaptation de La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette. J’ai un grand intérêt pour le cinéma de Christophe Honoré, et ma patience est mise à rude épreuve pour le coup, vivement la rentrée (d’ailleurs le film passera la veille de sa sortie sur arte, donc si vous n’allez pas souvent au cinéma, jetez au moins un coup d’œil ce soir là).


Après environ 4 heures de débat, on sort tout drôle de la Cinémathèque. Mais pas le temps de rêver, il faut foncer à la séance de 19h pour l’avant-première de Tokyo ! avec la venue d’un des trois réalisateurs : Leos Carax. Bien sûr il n’est pas venu, mais le plus drôle dans tout cela, c’est la raison que donnait la productrice « Michel Gondry est à New York et Leos Carax quelque part en France mais indisponible ». Cela aurait décidément été trop beau de le voir participer à un événement comme celui-ci. La salle était remplie, les trois films pouvaient commencer.
D’abord celui de Gondry, Interior Design. Un couple s’installe à Tokyo, lui veut devenir réalisateur, elle « ne sait pas ce qu’elle fait ». Se sentant inutile, elle va devenir utile : elle se transformera en chaise. Mal résumé, je suis raccord. Ensuite le film stupéfiant de Carax – Merde. Denis Lavant métamorphosé un créature hybride, une chimère crasseuse se mouvant avec déséquilibre et folie. Détruisant Tokyo avec des grenades, il sème la terreur dans la ville, les flashs infos se succèdent, et la drôlerie s’impose finalement. Film comique mais terrifiant par son sujet, son traitement surtout bien sûr. Je pense notamment à la longue scène du procès en split screen où les traductions s’enchaînent inlassablement (du langage-Lavant vers le français, et du français vers le japonais, et inversement). Le langage, la langue, les paroles… autant de thèmes qui rappellent le débat plus tôt dans l’après-midi. Et Leos Carax semble allonger à l’excès ces incompréhensions, ces gestes absurdes et étranges gloussements, soumettant le rire à se figer, à s’éterniser, à fatiguer par le même procédé qui se copie/colle à l’image de ces écrans qui se multiplient. Leos Carax n’est pas mort, à l’image de son personnage, on le croyait pendu, il s’est échappé. Bientôt les aventures de MERDE à NY (titre final) : signe d’un prochain long-métrage pour Leos Carax ? Vite, vite ! Sortons des égouts, vite, vite ! Et enfin le film de Bong Joon-ho – Shaking Tokyo, qui raconte l’histoire d’un hikikomori, terme japonais qui désigne ceux qui se renferment sur eux en se coupant du monde extérieur. Cela fait plus de 10 ans qu’il n’a pas mis un pied hors de chez lui, jusqu’au jour où il tombe amoureux d’une livreuse de pizza. L’amour comme seul échappatoire ? Peut-être bien.

En sortant de la salle, de nombreux philippins hurlaient pour accueillir Sharon Cuneta, véritable star aux Philippines. Je sors du MK2 et me dit que demain je verrais enfin La Frontière de l’aube.
A demain.

 

Borgne sans bornes, quoique...

 

« Plus il y a de dialogues et plus les silences se font sentir » Jacques Doillon

 

Par Arnaud
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Vendredi 4 juillet 2008
Je bois en vitesse un café  pour commencer cette journée, plus de sept heures de films en perspective. A 15h, Alila d’Amos Gitaï donc. Après un générique à l’oral façon Godard dans Le Mépris, Amos Gitaï cumule les plans-séquences et les travellings latéraux. C’est en effet ce qui frappe avant tout dans ce film, ces mouvements de caméra incroyables, la longueur des plans à n’en plus finir et pour rendre digeste le tout, les dialogues et l’interprétation des comédiens qui donnent aux personnages leur autorité, leur crédibilité, tout y est et tout y reste, jusqu’au bout. Je m’étalerais bien sur ce film et sur ses enjeux qu’il pose sur les conflits entre Israël et Arabes (la petite communauté dans l’immeuble pour situer le conflit dans son ensemble, le refus d’aller à l’armée pour un jeune homme de 18 ans et la filiation cassée, puis reconstruite…) mais il est 2h23 et il est difficile d’écrire correctement sur un film aussi riche en thèmes et en interrogations. Amos Gitaï est une bonne découverte cette année pour ma part (Après Désengagement, il serait temps que je me rattrape sur sa large filmographie).

 

Alila

 

A peine sorti je cours me procurer la place pour le Programme de courts 2 avec cette fois-ci 5 courts-métrages de projetés : Alexandra (Radu Jude), Le Serment (Maryna Vroda), Saturday’s Shadow (Nick Gordon), Cargo (Leo Woodhead) et Invitation to Dine with Comrade Stalin (Junior et Gianfranco Rolando). Je n'ai accroché à aucun court-métrage excepté peut-être la bonne surprise qui serait du côté du  film roumain de 25 minutes qui met en scène un couple qui n’en est plus un, divorcé, mais uni encore par l’enfant qu’ils ont fait, une petit fille. Le père s’interroge sur les intentions de la mère, il a peur qu’elle ait demandé à sa fille de ne plus l’appeler « papa ». Pudeur du scénario de ne pas dévoiler bêtement le passé de ces personnages, de ne pas insister grossièrement sur les traits de chacun et de leurs intention -

Changement de programme à la dernière minute, au lieu de voir Tribu, j’ai opté pour Le Bruit des gens autour en avant-première. (Je verrais Tribu plus tard, il repasse en présence du réalisateur ce week-end). Comédie désenchantée et parfois navrante de bêtise, dégoulinante de mauvais sentiments (oui ça change des bons sentiments mais l’excès inverse est parfois aussi frustrant) teinté d’humour pas franchement noir mais franchement rien du tout. Et pourtant Diastème dans son premier film réussit parfois à créer quelque chose, une sorte d’harmonie dans ce film choral (la scène où tout le monde saute dans la piscine alors qu’il pleut des cordes, pour le meilleur exemple). Mais ces éclats sont rares, et mettent trop longtemps à arriver. On ne croit pas aux métiers de chacun – il ne suffit pas de parsemer quelques extraits où l’un et l’autre jouent la comédie sur scène, l’une chante en pleurant, ou encore la dernière qui danse, et qui finalement comme voulait le faire croire le réalisateur, ne danse pas devant son public mais est simplement en répétition, que le moment de vérité il est donné n’importe quand – ou encore que le public c’est nous, la salle de cinéma. Pléthores de messages simplistes (mieux abordés dans Actrices) qui font un film bien trop long et qui malgré tous les personnages n’arrive à former aucun sentiment, aucune intensité, à peine quelques répliques piquantes en 1h40 de film. Un gros bof.



 Le Bruit des gens autour


Heureusement, fort heureusement, arrive la dernière séance, pas celle de Mitchell mais celle de Pierre Schoeller. J’ai aimé son Versailles, pas adoré, mais aimé. Abordant le thème délicat des SDF je m’y suis intéressé de très près à ce film, plus près de d’habitude. Pourquoi ? J’ai réalisé un petit court-métrage totalement amateur dans le cadre de l’université, sur la misère à Paris. Et indéniablement il est extrêmement difficile de rendre à l’image la misère, de parvenir à une esthétique, à une quelconque démarche artistique, là est le souci. Et Pierre Schoeller s’y risque, c’est tellement rare qu’il faut le souligner. Le film est loin d’être naturaliste pourtant, d’avantage onirique que documentaire le film est « hors du genre » d’après le réalisateur qui confiait ses intentions et ses méthodes de travail après la projection. Notons la performance de Guillaume Depardieu, certainement ce qu’on retiendra de ce film une fois que les années auront glissées dessus. L’âme du film (non, l’âme du film n’est pas Enzo, le gamin abandonné) le fils Depardieu a littéralement dévié du jeu de son père, il l’a surpassé même, en intensité, en aspérités, en souffrance. Je m’arrête là pour ce soir, il est 3 heures et je vais au lit. Demain deux tables rondes sont au programme à la Cinémathèque : « Les langues parlées dans notre cinéma » et « L’adaptation, une trahison ? » ainsi que la projection de Tokyo, en présence de Leos Carax.

A demain.

 


Versailles

Par Arnaud
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Mercredi 2 juillet 2008

C'est parti, le festival Paris Cinéma a ouvert ses portes. C'est donc au stand présent dans le hall du MK2 Bibliothèque que je me suis procuré le cinépass. Je n'avais pas vraiment organisé ma journée avecune liste de tous les films que je voulais voir (et l'itinéraire qui s'en suit car les projections sont éparpillées dans Paris) et j'ai donc siégé au MK2 Bibliothèque. Première séance : L'Eveil de Maximo Oliveros. Ce film ouvrait la sélection des films choisis pour représenter le pays à l'honneur tout au long du festival, les Philippines. Sorti l'année dernière en France, L'Eveil de Maximo Oliveros est un premier film est c'est pourquoi je ne serais pas injuste. Auraeus Solito a fait un film profondément manichéen, énorme faille au XXIème siècle pourtant, il serait temps de comprendre que le blanc et le noir ne sont pas dans deux camps distincts à s'affronter bêtement, non, non... Sorte de Cité de Dieu aseptisé, l'aspect documentaire est réussi mais le romanesque, l'intensité et la puissance ne seront pas convoqués ici. C'est lorsque le gentil flic (regardez la photo ci-dessous : il a pas l'air gentil franchement ?) se fait tabasser par les méchants voyous (regardez la photo...) que le réalisateur arrive au point de non-retour, le film est d'un académisme à n'en plus finir. Formellement abjecte, le cadrage bancal (et bizarrement le réalisateur semble ne pas y voir d'inconvénients) et l'image en DV ô combien affreuse (la moitié du film se déroule dans des pièces à moitié éclairées qui plus est, illisible) nous conduisent droit à la sortie, de la salle et de la diégèse. Il reste à voir les deux prochains films d'Auraeus Solito qui sont totalement inédits en France et projetés dans le cadre du festival - aurais-je le courage ?




Gentil flic, méchants voyous...



Ensuite j'ai assisté à un programme de courts en vidéo et en compétition (le public est mis à contribution et peut noter les films vus, donnant suite à un prix de 1500 euros pour le court métrage le plus apprécié). Au programme, donc : Sonia and Her Family (Daniela Rusnokova), When I Become Silent (Hyoe Yamamoto), Weekend (Claudia Varejao) et As I Lay Dying (Yuhang Ho) - avec la présence de Hyoe Yamamoto. C'est d'ailleurs son court métrage qui sort du lot de ce premier programme de courts - un moment de vie entre deux amantes noyées dans Tokyo. La scène où l'une saisit tendrement la main de l'autre, secrètement, immergées parmi les innombrables passants qui traversent une route, symbolise parfaitement le tabou que représente le saphisme au Japon. Les deux comédiennes sont d'une incroyable justesse, où la retenue de leur jeu semble s'aligner sur l'incapacité à pouvoir librement afficher leurs moeurs sexuels. Etait également projeté un documentaire saisissant sur une famille roumaine (parents et 14 enfants), une histoire étrange et pédante d'un petit garçon malade, et un mystère planant autour d'une piscine (moins pédant dans la forme mais tout autant dans son ésotérisme pseudo auteurisante). J'aurais certainement beaucoup plus à écrire demain soir car c'est un jeudi qui s'annonce riche : Alila, d'Amos Gitaï - Programme de courts 2 - Tribu, de Jim Libiran - Versailles, de Pierre Schoeller.


Sur la terrasse du MK2 Bibliothèque, l'oiseau chante

Par Arnaud
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